9.3

La première étape
lorsqu’il est question de disparaître
est d’arrêter de croire
au sauvetage des oiseaux.

La deuxième est de se remplir
de vide

La troisième est de feindre
le sourire placide
d’un touriste

La quatrième
ressemble à un croissant
et se termine

en oeuvre à prendre
avec des gants.

Publicités
Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

9.2

Sortez-moi de moi
disait l’autre dans sa toune
chacun ses zones sinistrées
continuait-il

à ce rythme

je sinistrerai mon lit
mon appartement
ma rue
mon quartier
cette île

avant de sinistrer ma
zone pour

qu’on finisse par en rire
dans les lancements cools
qu’on se conte des histoires
une flûte en plastique
dans chaque main

qu’on s’en lave les mains
une bonne fois
pour toutes

 

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

9.1

L’arbre est dans ses feuilles

Les chiens crient après le soleil

Mon cul s’abreuve à

même le sofa

l’été peut commencer.

*

Qui a dit que chaque fin

commence par un début

c’est peut-être Platon c’est peut-être Lacan c’est peut-être moi

Je veux dire c’est beau

ça sent les vieux livres

Mais c’est insensé

Jésus-marie-Joe-Louie

C’est un pensez-y bien pis

longtemps

 

C’est un

Je t’en pris ne vient pas casser mon fun

Je n’ai que lui pour la nuit

me réchauffer

Je n’ai que lui pour le clit

me trouver

win-win

pow-pow

*

Une amie m’a dit

“Il a le cordon du cœur qui traîne dans ‘marde.”

Elle parlait de son ex.

J’ai eu de la peine.

Les cœurs n’ont pas de cordons, Manon.

*

Où j’en suis les hommes n’ont plus de membres

mais des ailes

vivre n’a qu’une importance

numérique

aux yeux de ces oiseaux

troués

Là où j’en suis il fait si chaud

que chaque mouche

a déjà choisi son orifice.

*

L’œil ouvert

englué

 

Le blocage fatal

quelque part entre la langue

et le sternum

à la simple vue

 

de ce qui n’a pas changé

pendant la nuit.

*

Nous sommes deux arbres tombés

sur le divan

sous nos pieds

le prélart brûle et disparaît

 

Tu me prends en toi

comme une gorgée

d’eau dure

 

Tu te redresses

tu es le plus bel arbre

au monde

 

morte sous tes branches

je respire heureuse.

Publié dans éclats, Non classé, Poèmes | Laisser un commentaire

9.0

J’ai les rêves mouillés fiévreux Ketchup Molotov comme l’automne dans la bonne veine

je me réveille poisseuse sur tous les drapeaux en même temps

recouverte d’un film flou

genre de sueur d’été indien

et de popsicle fondu (bleu)

docteur

est-ce la vie

est-ce la grippe

docteur

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

8.9

Aurai-je donc toujours l’allure
du crapaud qu’on gonfle jusqu’à
l’explosion

du rongeur qui sait jouer
avec les miroirs

Vais-je un jour comprendre
que rien ne change jamais

jamais jamais que dis-je

jamais

qu’hors des implosions le blanc
et le beige prédominent

que je craches des lettres alignées en grattant sur moi
tout ce qu’il y a à gratter

que la poésie ne nous appartient pas
nous oublions seulement
le coût de l’oubli même
nous déménageons
pour fuir l’amende
de la bibliothèque

une fois clairés
en grands gangsters croches que nous sommes
nous nous retrouverons
nos bouches et nos gorges sont des piscines hors-terre de rhum et de 7-up
une poutine
un faux jukebox
par-ci par-là

Je dilue mes envies
dans des bacs en plastique
qui finissent dans mon ventre
digérés et cachés
comme des souris à
serpents

chut ma belle chut
la sueur sur ton front
sèche en arabesques salées
chut et veille à poursuivre

la morsure de ta
propre langue.

 

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

8.8

Entre mes côtes sont lovés
des chevaux blessés par
le poids statique du soleil

j’aimerais être l’un
d’entre eux

faire la morte
jusqu’au sommeil.

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

8.7

Dehors me rappelle que tout
est étrange dans le simple fait
d’exister

qu’on laisse voler les enfants
au bout de leurs laisses
comme des bouquets
de ballons

au-dessus de la scène immense
où chaque jour
nous donnons notre show

volent des avions précis
minuscules

qui se plantent
dans les yeux.

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire