9.6

I don’t fight for the guns I don’t need

J’ai au fond de la gorge l’oiseau en plastique qui se balance

le bec vide le bec à l’eau 

le bec rongé d’acide 

et il recommence

Plot Twist: L’Auberge du Chien Noir a été écrit par Helen Keller

Cette année, j’ai crissé le feu à mon sapin fake au lieu de le décorer 

j’ai longuement dansé autour de lui

jusqu’à l’épuisement sans promesse de sommeil 

à la fin de la nuit, j’ai balayé les cendres ridicules 

d’une énième tentative 

de légèreté 

j’étais triste

déçue 

tétanisée marbrée fendue 

en train de fabriquer un mur d’oiseaux en papier pour inviter le vent à me cueillir et ne plus jamais me reposer.

J’ai connu une roche qui aimait voyager. Son activité préférée, au bord de l’eau, était de trouver l’humain le plus aplati, le plus propice aux ricochets. S’ensuivaient généralement de longues heures de plaisir fou et d’aplatissement supplémentaire 

La roche essuya une larme en me tendant un humain impeccablement écrasé que nous lançâmes en rugissant 

Un papillon de nuit a volé mes ailes préférées celles que je mettais pour aller au bal des fées en cuirette de qualité velours thrifté tant pis je n’aurai qu’à flasher mes lumières 

Le style de l’artiste était mouvant et explosait hors de son cadre comme une salmonellose bien habillée.

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9.5

I emerge slowly 

from the very top of this tower

I call a bed 

from here I can see

a bird

a person

a plane 

inside a cage

that they will 

never name 

I see a girl

by the swing set 

her knees bloody 

her eyes shut

with shame

I see the same girl

years after

in the fluorescent squares 

of the windows

she rents 

she and I

wear the same helmet

of black hair 

I enjoy walking 

until the cold subsides

into heat

I sit

and watch the frost

bite my hands first

my nose and 

my feet

then

and

suddenly I wake 

I stand 

I am

in motion again.

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9.4

Un lustre quelque part pend

dans une pénombre exacte 

un lustre brille comme un bum

pour les voitures tapies

ici rien à signaler 

aucun lustre ne brille

dans cette pièce à huis-clos 

je m’interroge seulement 

sur le bien-fondé d’un

trait d’union 

sur l’éponge idéale

qu’il faut 

pour faire disparaître

le contenu d’une piscine hors-terre

ou d’un nid mouvant

salé.

“I’m the dog that ate/Your birthday cake”

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9.3

La première étape
lorsqu’il est question de disparaître
est d’arrêter de croire
au sauvetage des oiseaux.

La deuxième est de se remplir
de vide

La troisième est de feindre
le sourire placide
d’un touriste

La quatrième
ressemble à un croissant
et se termine

en oeuvre à prendre
avec des gants.

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9.2

Sortez-moi de moi
disait l’autre dans sa toune
chacun ses zones sinistrées
continuait-il

à ce rythme

je sinistrerai mon lit
mon appartement
ma rue
mon quartier
cette île

avant de sinistrer ma
zone pour

qu’on finisse par en rire
dans les lancements cools
qu’on se conte des histoires
une flûte en plastique
dans chaque main

qu’on s’en lave les mains
une bonne fois
pour toutes

 

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9.1

L’arbre est dans ses feuilles

Les chiens crient après le soleil

Mon cul s’abreuve à

même le sofa

l’été peut commencer.

*

Qui a dit que chaque fin

commence par un début

c’est peut-être Platon c’est peut-être Lacan c’est peut-être moi

Je veux dire c’est beau

ça sent les vieux livres

Mais c’est insensé

Jésus-marie-Joe-Louie

C’est un pensez-y bien pis

longtemps

 

C’est un

Je t’en pris ne vient pas casser mon fun

Je n’ai que lui pour la nuit

me réchauffer

Je n’ai que lui pour le clit

me trouver

win-win

pow-pow

*

Une amie m’a dit

“Il a le cordon du cœur qui traîne dans ‘marde.”

Elle parlait de son ex.

J’ai eu de la peine.

Les cœurs n’ont pas de cordons, Manon.

*

Où j’en suis les hommes n’ont plus de membres

mais des ailes

vivre n’a qu’une importance

numérique

aux yeux de ces oiseaux

troués

Là où j’en suis il fait si chaud

que chaque mouche

a déjà choisi son orifice.

*

L’œil ouvert

englué

 

Le blocage fatal

quelque part entre la langue

et le sternum

à la simple vue

 

de ce qui n’a pas changé

pendant la nuit.

*

Nous sommes deux arbres tombés

sur le divan

sous nos pieds

le prélart brûle et disparaît

 

Tu me prends en toi

comme une gorgée

d’eau dure

 

Tu te redresses

tu es le plus bel arbre

au monde

 

morte sous tes branches

je respire heureuse.

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9.0

J’ai les rêves mouillés fiévreux Ketchup Molotov comme l’automne dans la bonne veine

je me réveille poisseuse sur tous les drapeaux en même temps

recouverte d’un film flou

genre de sueur d’été indien

et de popsicle fondu (bleu)

docteur

est-ce la vie

est-ce la grippe

docteur

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